Les allergies respiratoires : le pollen

27 Mars 2017
champs de graminées - pollen et allergies resporatoires

Par le Réseau National de Surveillance Aérobiologique (RNSA)

Le printemps est la période de pollinisation des foins et des céréales. Pour un individu normal le printemps est la saison agréable par excellence. Pour 20 % de la population regroupant les allergiques enfants et adultes, il s’agit d’une période « agaçante » et parfois redoutable. Ces malades ont bien une pollinose, c'est-à-dire un ensemble de symptômes provoqués par le pollen. Cette réaction de l’organisme  consiste à faire anormalement face à des substances extérieures appelées allergènes. Pour l’allergie au pollen, le contact avec l’agent allergisant se fait par voie respiratoire. Découvrez dans cet article les principaux allergisants ainsi que leur localisation en France.

  1. Le pollen

La pollinisation est un processus naturel permettant la reproduction de nombreuses espèces végétales. Si près de 80% des espèces utilisent les insectes pour transporter le pollen de la fleur mâle à la fleur femelle, pour les 20% restants, c’est le vent qui se charge de ce transfert (anémophilie). De ce fait, les fleurs mâles produisent des quantités importantes de pollens pouvant atteindre plusieurs millions à plusieurs milliards de grains par épi floral. Si quelques grains atteignent leur cible, la plus grande majorité reste dispersée dans l’air au gré du vent avant de se déposer sur le sol.

Les grains de pollens mâles contribuent au développement de la végétation. Cependant, pour une partie de la population, ils sont également responsables de réactions d’allergie, en général saisonnières.

Tous les pollens ne sont pas dangereux. Pour provoquer une réaction allergique, il faut :

  • Que le pollen d´arbre ou herbacée soit émis en grande quantité. C´est le cas des plantes anémophiles comme les graminées, ambroisies, cyprès, bouleau, etc.
  • Qu´il soit de petite taille. Les grains de pollen resteront d´autant plus longtemps dans l´air et pourront parcourir de plus grandes distances qu´ils sont petits et légers. Pour cette raison on trouvera les pollens allergisants aussi bien dans les villes qu´à la campagne.
  • Qu´il ait un fort potentiel allergisant, c’est-à-dire que son contenu en protéine allergisante soit élevé et qu’il puisse libérer ces particules qui seront responsables de la sensibilisation.

Les principales espèces allergisantes sont répertoriées dans les tableaux suivants avec leur potentiel allergisant. Le potentiel allergisant peut être :

pollen et allergies respiratoires

Il est bien sûr possible d'être sensible à d'autres pollens que ceux de cette liste mais ceux-ci restent les plus courants, notamment en ville.

Il ne faut pas confondre potentiel allergisant et risque d’allergie, ce dernier correspondant à l’impact sanitaire lié à l’exposition aux pollens, c’est-à-dire à la quantité de grains de pollen dans l’air qui varie au cours de la saison.

carte de France des pollens et allergènes respiratoires

  1. L’allergie au pollen

C'est une réaction anormale de l’organisme face à des substances extérieures appelées allergènes. Pour l’allergie au pollen, le contact avec l’agent allergisant se fait par voie respiratoire, on parle de pollinose. 

Plus de 20% de la population en France souffre d´allergie respiratoire. De nombreux facteurs peuvent être à l´origine de ces manifestations :

  • les facteurs génétiques : l’hérédité joue un rôle important. Un individu, dont un des parents est allergique, a 30% de risque d’être atteint d’allergie. Si les deux parents sont atteints, le risque atteint 60 %. L’allergie peut toutefois sauter une génération
  • les facteurs d’exposition : les allergènes créent une sensibilisation progressive aux substances allergisantes. Ce facteur environnemental est la partie la moins bien connue de l’allergie. Il y a différents facteurs environnementaux : facteurs environnementaux intérieurs : il s´agit de tous les allergènes potentiels respirés avec l´air intérieur des locaux (acariens, moisissures, poils de chat, poils de chien, etc…) et facteurs environnementaux extérieurs : il s´agit de tous les allergènes potentiels respirés avec l´air extérieur (pollens, moisissures). A noter que les facteurs de pollution atmosphérique joue un rôle dans l’allergie : il existe des relations triangulaires entre pollution, pollens et allergie. La pollution peut à la fois agir sur les pollens en modifiant leur structure biochimique extérieure et par là même leur allergénicité et sur les muqueuses respiratoires de l'homme en modifiant sa sensibilité immunologique aux grains de pollens

D'autres facteurs peuvent intervenir : la présence simultanée de plusieurs pollens allergisants, la pollution atmosphérique, l'existence de réactions croisées entre des pollens de la même famille ou avec certains aliments. Enfin, il faut un terrain génétique particulier pour développer cette allergie : le terrain atopique.

Une « théorie hygiéniste » explique que les personnes vivant à la campagne seraient moins allergiques car il y aurait une plus forte quantité de bactéries dans l’environnement des personnes. Ceci a pour conséquence une plus intense stimulation de certaines cellules immunitaires, ce qui réduirait le nombre d’allergies.

  1. Comment se manifeste une pollinose ?

La pollinose est couramment appelée « rhume des foins » bien qu’il n’y ait pas de rapport avec le foin car c’est le pollen qui provoque les différents symptômes. Les différentes manifestations allergiques varient selon les personnes et sont plus ou moins graves. Elles reviennent chaque année à la même époque.

La rhinite allergique saisonnière se manifeste par nez bouché, des éternuements, nez qui coule et démangeaisons.
Les yeux rouges qui piquent, avec sensation de sable dans les yeux, est appelée conjonctivite allergique saisonnière.
Les petits pollens, qui pénètrent assez loin dans les voies respiratoires jusque dans les bronches, peuvent provoquer des crises d´asthmes. L’asthme intervient par crises lors d’une exposition importante à un irritant ou lors d’un effort. Il se caractérise par une diminution du souffle, des sifflements bronchiques, une toux persistante souvent nocturne.
Les œdèmes et urticaires sont plus rares : le contact avec certaines plantes allergisantes peut provoquer des réactions cutanées comme l’eczéma, l’urticaire ou des dermatites de contact (inflammation de la peau au point de contact).

Il faut tenir compte de la saison, de la météo. Toutes ces réactions sont améliorées par la pluie et aggravées par le vent. Elles sont plus importantes à l'extérieur qu'à l´intérieur.

Contrairement aux polluants chimiques, les pollens sont des particules naturelles dont il n’est guère possible de se débarrasser. Tout au mieux, est-il nécessaire de limiter les expositions de proximité en entretenant les pelouses, pour éviter la floraison des graminées et en évitant de planter des arbres au potentiel allergisant avéré en milieu urbain ou péri-urbain.

Seule l’information des allergiques et de leurs médecins permettra une meilleure prise en charge du traitement des symptômes et surtout de limiter une évolution de la rhino conjonctivite initiale en gêne respiratoire voire asthme irréversible.

 

Découvrez l'article du Dr Robert "La pollinose ou les troubles provoqués par les pollens", pour en savoir plus sur les symptômes, les causes et le traitement de la pollinose.

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