Live #2 : Gérer les soins en période de confinement

22 Juin 2020
Live #2 : Gérer les oins en période de confinement

 

La Fondation Eczéma vous propose ici un résumé du 2ème Facebook live organisés pendant la période de confinement sur le thème de l’eczéma et comment gérer les soins. Vous y retrouverez les messages clé des intervenants, les éléments visuels partagés au cours du live et une foire aux questions.

 

 

 

Intervenants

 

Dr Magali Bourrel-Bouttaz, dermatologue, Chambéry et auteure du blog mag-da.fr

Anne-Marie Tranier, infirmière d’éducation thérapeutique, CHU Larrey, Ecole de l’atopie Toulouse

Fanny Sentenac, patiente et auteure du blog « Dans ma peau »

 

Messages clé

 

1. Quels sont les différents types d’eczémas ?

Il existe 3 types d’eczémas :

  • Eczéma atopique : cette maladie inflammatoire non allergique est une dermatose chronique alternant des périodes de poussées (= plaques rouges) et périodes d’accalmie (= peau sèche). Ses causes sont multiples, retenez toutefois qu’il y a deux types d’anomalies : une altération de la barrière épidermique qui rend la peau sèche et anormalement sensible à toutes les agressions ET une tendance aux sensibilisations à certains allergènes et irritants qui se traduisent par une réaction immunitaire excessive. Ces irritants et allergènes peuvent être présents dans l’environnement (tels que la pollution, le tabac et les composés organiques volatiles dégagés par les émanations de peintures et solvants utilisés dans le bâtiment, mais aussi l’ameublement…).
  • Eczéma de contact (ou eczéma allergique) : est aussi une maladie inflammatoire d’origine allergique due à la sensibilisation à un allergène ayant été en contact avec la peau. Une fois l’allergène identifié, son éviction suffit souvent à régler le problème. L'eczéma de contact est une allergie à un produit ou un objet entré en contact avec la peau a provoqué une réaction inflammatoire
  • Eczéma irritatif : Plus facile à identifier, l’eczéma irritatif dépend directement des gestes du patient : un lavage excessif des mains, l’utilisation répétée de produits irritants.

 

2. Quels sont les risques encourus si l’on ne traite pas l’eczéma ?

  • Aggravation de la maladie : traiter tôt l’eczéma évite la chronicisation et l’aggravation vers d’autres maladies allergiques.
  • Altération de la qualité de vie : les démangeaisons et les douleurs occasionnées par l’eczéma peuvent être un vrai fardeau pour le patient. Comme il souffre au quotidien de ses plaques, il est souvent plus nerveux et dort moins bien. Ainsi ses relations sociales peuvent être affectées.
  • Baisse de l’estime de soi, isolement et dépression : toute maladie qui dure dans le temps a forcément un impact psychologique sur le patient, mais aussi sur son entourage. Les patients ont parfois tendance à s’isoler du monde extérieur pour éviter le regard des autres.

 

3. Confinement ne veut pas dire isolement

L’accès aux soins est toujours possible malgré les mesures de distanciation physique : en cas de besoin, médecin traitant ou pharmacien sont là pour vous aider. Même à distance, votre médecin ou votre spécialiste peut vous prendre en charge et vous envoyer une ordonnance. Certaines pharmacies proposent de livrer à domicile.

Lorsque la maladie chronique est avérée, sachez que le pharmacien est habilité à renouveler votre ordonnance pour une durée d’un mois.

 

4. Comment gérer les soins en confinement ?

« Le confinement peut être vu comme une occasion de prendre soin de soi et de sa peau »

Deux facteurs clé vont déterminer le suivi des soins, le patient en est le moteur :

  • Avoir envie et être disposé à effectuer ses soins
  • Donner du sens à ses soins par la compréhension de sa maladie et la nécessité de la traiter.


« Donner du sens à ses soins, c’est comprendre pourquoi on traite »

A la différence d’une peau normale, la peau d’un patient qui souffre d’un eczéma ne joue pas son rôle protecteur. Elle laisse s’évaporer trop d’eau, devient sèche et permet aux allergènes d’entrer plus facilement. Le contact de ces allergènes avec la peau est considéré comme une agression par le système immunitaire. En réponse à cela, des plaques rouges apparaissent.

La barrière cutanée

Hydrater quotidiennement permet de reconstruire la barrière cutanée pour qu’elle puisse assurer de nouveau son rôle protecteur. Les dermocorticoïdes, quant à eux, vont aider à calmer l’inflammation.

Et même quand la peau va mieux entre les crises, il faut maintenir les soins hydratants, geste primordial de prévention de la réapparition des plaques rouges.


« Observer les symptômes et savoir les reconnaitre permet d’adapter les soins »

Pompier/maçon

 

5. Calmer l’inflammation : comment bien utiliser les dermocorticoïdes ?

  • Le dosage : comme pour tout médicament, il y a une dose à respecter ! Contrairement à un comprimé que l’on avale, il n’est pas toujours facile d’évaluer la quantité de crème à utiliser.

    La règle de la phalangette vous aidera à bien doser la quantité de crème à appliquer :

La règle de la phalangette

  • Choix du traitement : Le médecin adapte le choix du dermocorticoïde (= crème à base de cortisone) en fonction de l’importance et de la localisation des plaques d’eczéma. En effet, l’épaisseur de la peau étant différente sur les parties du corps, deux dermocorticoïdes pourront être prescrits.

 

6. Soins d’hygiène : quels sont vos ennemis ?

Bien que la douche soit un moment agréable, l’eau chaude et le savon sont deux ennemis qui vont aggraver les symptômes de l’eczéma. Il est donc recommandé d’utiliser des soins d’hygiène adaptés (par ex. des syndet ou des huiles lavantes pour peau atopique) et d’utiliser une eau à 35°C.

Concernant les autres soins de beauté, retenez que la peau atopique est fragile et qu’il faut rester vigilant à l’égard des produits que l’on utilise en préconisant des cosmétiques « pour peau sensible » ne contenant pas les allergènes les plus à risque, en particulier les parfums et certains conservateurs, votre pharmacien pourra vous conseiller.

Pour plus d’informations, rdv dans les ressources « Soins beauté »

 

7. Est-ce que le stress est en cause dans l’apparition de l’eczéma atopique ? Est-ce qu’il fragilise la peau ?

L’eczéma est une maladie multifactorielle, son origine est épigénétique : les gènes déterminent le caractère anormal de la barrière cutanée, mais elle est également dépendante des fateurs environnementaux. Le caractère aggravant des facteurs de l’environnement dépend de chaque patient : selon son mode de vie, ses rituels d’hygiène, son alimentation…

Autrement dit, le stress n’est en aucun cas la cause même de l’apparition de l’eczéma, en revanche, il peut y contribuer.

 

8. En résumé, pour mieux gérer les symptômes de l’eczéma, suivre la règle de l’ABCDE

A = « Apprendre » pour mieux comprendre sa maladie et mieux la gérer

B = « Boucher les trous » pour réparer la barrière cutanée et la rendre moins vulnérable

C = « Comprendre les effets des dermocorticoïdes » et l’intérêt de les utiliser

D = « Déconnecter les facteurs déclenchants » en limitant les interactions avec les agents aggravants de la maladie

E = Avoir « Envie » de suivre ses soins, où la place du plaisir des soins est très importante.

 

Ressources

 

Ouvrages du Dr Bourrel-Bouttaz :

Ouvrage du Dr Chavigny

 

FAQ

 

Est-ce que le film hydrolipidique est en cause dans l’apparition de l’eczéma ?

Oui mais pas seulement, imaginez plutôt que la structure de la peau manque de ciment entre les cellules, elle devient perméable et laisse entrer les allergènes et toutes les bactéries situées à la surface de la peau. Hydrater permet de limiter le passage de ces agents pathogènes.

 

Existe-il une dépendance à la cortisone ?

Il ne faut pas confondre cortisone par voie orale et cortisone en crème. La dépendance pour les comprimés existe.

Concernant la crème à la cortisone, en revanche, il arrive que dès l’arrêt du traitement, des plaques rouges réapparaissent. On a alors tendance, à tort, à assimiler cela à de la dépendance.

En réalité, cette recrudescence des symptômes est liée en premier lieu à des gestes quotidiens d’hydratation et d’hygiène pas adaptés car sans doute mal compris.

En début d’épidémie Covid-19, le ministre de la Santé a recommandé de ne pas prendre d’anti-inflammatoires.

 

Peut-on continuer d’appliquer des dermocorticoïdes ?

La recommandation du ministre s’applique aux anti-inflammatoires oraux seulement, en ce qui concerne les dermocorticoïdes, il n’y a pas de contre-indication à poursuivre le traitement dans ce contexte de pandémie.

 

 

Pour revoir le live dans son intégralité :

https://www.facebook.com/watch/?v=576407599651156