Live #5 : Eczéma et alimentation

9 Juillet 2020
Live #5 : Eczéma et alimentation

 

La Fondation Eczéma vous propose ici un résumé du 5ème et dernier Facebook live organisés pendant la période de confinement sur le thème de l’alimentation et de l’eczéma. Vous y retrouverez les messages clé des intervenants, les éléments visuels partagés au cours du live et une foire aux questions.

 

 

 

Intervenants

 

Dr Magali Bourrel-Bouttaz, dermatologue, Chambéry et auteure du blog mag-da.fr

Dr Jean-Marc Chavigny, dermato-allergologue, Ecole de l’atopie Nantes, auteur du livre « Arrête de te gratter » (Édition Edilivre) et président de l’association « Un papillon contre l’eczéma »

Fanny Sentenac, patiente, auteure du blog « Dans ma peau »

 

Messages clé

 

La place de l’alimentation dans l’eczéma suscite beaucoup de questionnements chez les patients et leur famille. Nombreux sont ceux qui pensent que leur eczéma est dû à une allergie alimentaire … Est-ce un mythe ou une réalité ?

Les causes de l’eczéma sont multiples, retenez toutefois que les patients qui en souffrent présentent deux types d’anomalies :

  • Une altération de la barrière épidermique qui rend la peau sèche et anormalement sensible à toutes les agressions 
  • Une réaction immunitaire excessive face à certains allergènes de l’environnement

L’eczéma n’est donc pas dû à une allergie alimentaire en revanche l’alimentation peut avoir un impact sur la fréquence et l’intensité des symptômes.

 

Quel rôle joue l’alimentation dans l’apparition de l’eczéma ?

Avec l’avènement des produits alimentaires d’origine industrielle, le nombre de cas d’eczéma a explosé dans les pays développés. La cuisine transformée contient de nombreux additifs, elle est aussi plus grasse, plus sucrée, plus salée que la cuisine faite maison pour rehausser le goût originel des aliments qui s’est perdu dans les processus de fabrication industrielle.

 

Le sucre favorise l’inflammation
 

De manière générale, les aliments font varier la composition de la sueur. L’homme produit en moyenne 300ml / jour de sueur, cette quantité varie en fonction de l’effort et de la température extérieure. La qualité de la sueur varie selon la nature des aliments ingérés.

Le sucre rend la sueur plus acide et favorise l’inflammation. Il y a un siècle, nous mangions 5 gr / jour de sucres rapides, ce qui correspond à un morceau de sucre, alors qu’aujourd’hui nous en consommons en moyenne 100 gr / jour (soit 20 morceaux de sucre). Un taux d’acidité élevé va favoriser l’inflammation et donc provoquer des poussées d’eczéma.

Il n’y a donc rien d’étonnant à ce qu’un enfant présente des plaques rouges au lendemain d’un goûter d’anniversaire avec ses copains ! L’idée n’est pas de le brimer en supprimant toutes les sucreries, il peut tout à fait en consommer, mais le sensibiliser à cette problématique va lui faire comprendre qu’il doit rester raisonnable et surtout se traiter systématiquement en cas d’excès.

« Diminuer la quantité de sucres absorbés quotidiennement permet d’espacer les poussées d’eczéma. »

 

Allergie et intolérance alimentaires : des facteurs aggravants de l’eczéma

Bien que l’alimentation ne soit pas la cause de l’eczéma, elle joue un rôle majeur dans la l’aggravation des symptômes, parmi d’autres facteurs tout aussi impactants.

Prenons l’exemple d’une personne de nature anxieuse qui présente -sans le savoir- à la fois une intolérance au lactose, une allergie au poil de chat et à la poussière. Si cette personne est exposée à ces 3 éléments dans son quotidien et si elle ne cherche pas à canaliser son stress, elle multiplie ses chances de voir l’état de sa peau se détériorer.

A l’inverse, si elle limite les laitages, aère sa maison chaque jour, empêche son chat d’accéder à la chambre et fait un peu de méditation, les manifestations de sa maladie seront moindres.

Les tests allergologiques ne sont pas systématiques, mais, en cas de suspicion d’allergie (alimentaire ou autre), il est recommandé de faire un bilan chez un allergologue. Sans avis médical, l’éviction « sauvage » de certains aliments, pourrait provoquer des carences, notamment chez les enfants, sans pour autant améliorer les symptômes de l’eczéma.

 

Changer d’alimentation pour mieux gérer sa maladie

Parmi les 8 facteurs identifiés dans le mode de vie, l’alimentation tient une place très importante.

  1. Pour une bonne santé en général, quand cela est possible (éviter la frustration), il est recommandé de manger des produits biologiques, locaux et de réduire la part de produits d’origine animale.

     
  2. Quand on souffre d’eczéma, mieux vaut-il éviter :
  • Les produits transformés (sodas, jus de fruits, gâteaux, bonbons, plats industriels…) : qu’ils soient sucrés ou salés, ces aliments regorgent d’additifs et de sucres cachés. Ils aggravent l’inflammation.
  • Le lait de vache : pour le bébé, c’est un aliment très complet mais plus on vieillit, plus on perd notre capacité à l’assimiler (cela génère de l’acidité chez certaines personnes = gaz, ballonnements, diarrhées). L’idée selon laquelle il est indispensable de consommer des laitages (ou des protéines animales en général) est fausse, leur absence de l’alimentation ne provoque pas de carence. Dans l’absolu, chez l’adulte, il n’est pas utile de remplacer le lait de vache, pour assurer un apport en calcium et en vitamine D, on peut par exemple consommer des sardines à l’huile (avec les arêtes !).
    Attention, pour les nourrissons, les laits végétaux (tels que le lait d’amande ou de soja) sont en réalité des « jus ». Malgré leur appellation confusante, ils ne présentent pas du tout les mêmes apports nutritionnels que le lait de vache. Il est donc fortement déconseillé de les substituer à ce dernier.
    En cas d’intolérance ou d’allergie aux protéines de lait de vache chez un nourrisson dont l’alimentation n’a pas encore été diversifiée, tout changement de lait comporte un risque de carence et doit se faire sous contrôle médical. Votre pédiatre ou allergologue sera en mesure de vous indiquer quel lait donner à votre enfant.
  • Les graisses saturées : souvent présentes dans les plats industriels mais aussi dans les viandes rouges et les fritures.
  • Les aliments exposés aux pesticides / engrais : ces produits chimiques ont une action inflammatoire qui peut augmenter les symptômes de l’eczéma (qui rappelons-le, est une maladie inflammatoire de la peau par définition).

    Consommer ce type d’aliments sans modération revient à mettre de l’essence sur le feu.

     
  1. A l’inverse, en complément des traitements, des aliments dits « super-aliments » ont une action anti-inflammatoire, il est recommandé d’en consommer régulièrement pour optimiser ses chances d’avoir une peau en bonne santé :
  • Les légumes « très » verts : épinards, brocolis, …
  • Les fruits « très » rouges : fraises, myrtilles, baies de Goji, …
  • Les épices : curcuma, gingembre, …
  • Les fruits secs : différentes noix, noisettes, …
  • Les petits poissons « bleus » : sardines, maquereaux, harengs…
  • Les « bonnes » huiles : d’olive, de noix ou de noisette.
  • Le thé vert et le thé matcha

 

Bien qu’elle ne soit pas la cause de l’eczéma, l’alimentation joue un rôle majeur :

  • Si elle est saine, elle permet de mieux gérer les poussées d’eczéma et d’avoir une meilleure qualité de vie
  • Si elle est constituée d’aliments industriels, souvent riches en sucre, cela va aggraver les symptômes

 

Malgré une alimentation saine, si l’eczéma ne s’améliore pas, cela peut signifier :

  • Que le traitement n’est pas correctement suivi, car mal compris : il faut alors prendre le temps de revoir en détail de quelle la manière les soins sont effectués (la crème à la cortisone est-elle appliquée en quantité suffisante sur les plaques rouges ?  Les zones de peau sèche sont-elles hydratées quotidiennement avec un émollient ?)

OU

  • Qu’il existe une allergie alimentaire : des tests allergologiques permettront d’identifier l’aliment en cause.
  • Qu’il existe un autre facteur aggravant : émotionnel, irritatif, infectieux, etc.

 

Le saviez-vous ? Des experts à votre écoute

Partout en France, il existe des structures spécialisées dans la prise en charge des patients qui souffrent d’eczéma. Dermatologues, allergologues, infirmières et psychologues sont à leur écoute pour proposer un programme d’accompagnement personnalisé.
 

 

 

Chez le bébé, à quel âge débuter la diversification alimentaire ?

De nombreuses études rapportent qu’une diversification alimentaire trop tardive au-delà de 5-6 mois chez les nourrissons génère des allergies alimentaires et en particulier aux arachides. Plus on retarde l’introduction d’un aliment, plus on favorise le risque d’allergie alimentaire à cet aliment. Aussi, il est recommandé de démarrer l’introduction progressive des aliments dès l’âge de 5 – 6 mois.
 

 

 

Peut-on consommer de l’alcool quand on de l’eczéma ?

L’alcool n’est pas contre-indiqué en cas d’eczéma cependant certaines catégories ne sont pas toujours les bienvenues.

Chez les peronnes qui ont des intolérances plus ou moins marquées aux sulfites, la consommation de vins (en particulier le vin blanc, certaines bières et certains vins rouges bas de gamme) n’est pas conseillée. Mieux vaut opter pour un verre de vin rouge de préférence bio, à consommer avec modération.

 

Ressources

 

Ouvrages du Dr Bourrel-Bouttaz :

 

FAQ

 

Quel est le petit déjeuner le plus adapté ?

Céréales bio complètes, salade de fruits bio de préférence avec un thé vert, en favorisant ce qui est local, bio et en réduisant la part d’aliments d’origine animale et éviter les sucres rapides pro-inflammatoires.

 

 

Pour revoir le live dans son intégralité :
https://www.facebook.com/FondationEczema/videos/164190385019641/