Portraits de Peaux : Une exposition pour contrer la stigmatisation des patients atteints de maladie de la peau

8 Juin 2018
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“Se donner à voir, la personne au-delà de la maladie de peau”

 

Guillaume OLIVER, photographe indépendant, nous invite au travers de «Portraits de peaux » à nous interroger à la fois sur notre rapport intime à la peau comme au regard que nous posons sur celles et ceux affectés par les maladies cutanées.

 

Cette exposition itinérante à travers la France a pour vocation de sensibiliser le grand public au fardeau d’une maladie de peau dans la vie des patients.

 

Exposition Portraits de Peaux

 

 

Alexandra

 

Alexandra

 

« La maladie sur le visage a fait que tout le monde a vu que j’étais mal dans ma peau

au sens propre, et qu’elle me faisait souffrir…

Il y a un côté « perdu » où l’on ne sait plus quoi faire pour paraître normale,

ou pour que ça ne se voie pas…

La maladie m’a permis de me reconnaître fragile et d’être obligée de m’accepter fragile. »

 

Andrine

Andrine

 

« Des fois, je me disais « Ce n’est pas moi en face! » ...

Mais il y avait la douleur donc forcément on le sait vite…

Malgré tout, je pense que ce n’est pas possible de se faire manger

10 ou 20 ans de sa vie juste à cause de ça…

Puis il y a le déclic de se dire : « C’est à toi de contrôler ton corps et pas l’inverse » ...

Et le cerveau aussi car le cerveau joue beaucoup. Tu ne dois pas subir la maladie. »

 

Tiffany

Tiffany

 

« Cette peau sèche, rugueuse, marquée, rougie par les plaques,

je la considère comme une croix, c’est le baromètre de mon humeur…

On est dans une société où le paraître est très important,

et dès qu’il y a un petit truc différent, ça va attirer l’attention.

Quand on a de l’eczéma, on ne se regarde pas dans la glace, on évite son propre regard. »

 

Marie-France

Marie-France

 

« Maman a mis 10 filles au monde. Moi je suis la 3ème et sur les 10,

l’aînée, la 3ème et la dernière ont fait de l’eczéma.

Et je pense que le premier regard à la naissance,

notamment de ma mère mais aussi de mes parents,

ce premier regard de déception voire de rejet a pu induire l’eczéma pour moi …

Pour moi, c’est la plus grande souffrance, l’exclusion, le rejet. Et ma peau elle montre ça. »

 

Brahim

Brahim

 

« Personnellement je suis bien dans ma tête, je suis comme je suis.

Après, le regard des autres je m’en fiche complètement.

Je passe devant eux, ça leur plaît ou ça leur plaît pas…

Moi je suis bien, je ne cherche pas à plaire à quelqu’un. »

 

Camilia

Camilia

 

« Quand maman est inquiète, je dis « mais ça va et tout, mais je ne peux rien faire »…

L‘eczéma, j’aimerais bien ne plus en avoir, et que les copains ne le voient pas.

Des fois ils se moquent, surtout au centre aéré… ils me disent « t’es pas belle ».

Mais mes copines, elles ne m’ont jamais dit ça. »

Sa maman : « Sa peau est fragile mais cela ne l’empêche pas d’être belle.

C’est juste une peau dont elle devra prendre soin toute sa vie. »

 

Karine

Karine

 

« Dans mon enfance et mon adolescence, j’ai dû subir les moqueries…

on vous montre du doigt, les gens se demandent ce que vous avez…

Finalement ça m’a permis de me forger le caractère, de répondre aux gens

et de mieux accepter l’eczéma que j’avais sur la figure.

Il faut arriver à l’accepter, à vivre avec et c’est dur. »

 

 

 

Retrouvez les fondements du projet du photographe, Guillaume OLIVER, sur son site.